L’emploi est l’une des principales préoccupations des jeunes. La crise sanitaire mondiale de la covid-19 n’a pas arrangé la situation et a même accentué les précarités et le stress. Pour remédier à cette situation, le ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion a mis en place de nombreuses mesures appelées « mesures jeunes ».  Parmi les principales mesures mises en places nous pouvons noter :

  • Les différentes aide à l’embauche des jeunes
  • Le PACEA (Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie
  • Les E2C (Ecoles de la deuxième chance)
  • L’EPIDE (Etablissement pour l’Insertion dans l’Emploi)
  • La garantie européenne pour la jeunesse
  • Le contrat d’apprentissage
  • Le contrat de professionnalisation
  • Le FIPJ (Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Jeunes)
  • Les jobs d’été en allégeant les formalités et les obligations
  • Les stages étudiants en milieu professionnel
  • Les PMSMP (Périodes de mise en situation en milieu professionnel)
  • La garantie jeunes
  • Le parrainage pour l’emploi
  • La pratique « tous gagnants »

Toutes ces mesures ont pour vocation d’aider et de promouvoir l’embauche des plus jeunes. Le ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion précise « Le plan 1 jeune, 1 solution lancé à l’été 2020 doit offrir une solution à chaque jeune. 9 milliards d’euros ont été investis avec pour objectif un ensemble de leviers : aides à l’embauche, formations, accompagnements, aides financières aux jeunes en difficulté, etc. afin de répondre à toutes les situations. L’objectif est de ne laisser personne sur le bord de la route. »

Malgré ces mesures et selon l’INSEE, plus de 12% des jeunes de 15 à 29 ans en 2020 n’avaient ni formation, ni emploi. Sans formation ni expérience, un jeune est souvent abandonné à son propre sort avec un avenir très incertain. Les mesures gouvernementales ont beaucoup de mal à renverser la tendance et au final, très peu de solutions demeurent pour les jeunes concernés.

Beaucoup de jeunes qui n’ont pas accès à l’emploi se tournent ainsi vers la création d’entreprise. En France, pour créer une entreprise, un mineur de 16 à 18 ans peut créer son entreprise s’il obtient l’autorisation de ses 2 parents et à condition que son entreprise soit une société à responsabilité limitée ou unipersonnelle : EIRL (Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée), EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) ou une SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle). Après 18 ans, un jeune peut créer son entreprise librement sans autorisation de ses parents et avec la forme juridique qu’il désire.

En 2020, 41% des créateurs d’entreprises individuelles avaient moins de 30 ans contre 38% un an plus tôt. L’INSSE précise « « Depuis 2016, la hausse des créations d’entreprises est portée par les micro-entrepreneurs, qui sont plus jeunes en général que les créateurs classiques. Ces créations de micro-entrepreneurs sont un moyen d’accéder à l’emploi, notamment en période difficile et notamment pour les jeunes ».

Si les jeunes sont de plus en plus nombreux à franchir le pas de la création d’entreprise, ils n’échappent pas aux difficultés que rencontrent tous les entrepreneurs : déterminer une idée d’entreprise, réaliser une étude marché et établir un business plan, financer son projet et lancer son activité sur un marché concurrentiel. Gagner des parts de marché pour une jeune entreprise est compliquée et cela d’autant plus vrai lorsque son créateur est jeune. Il doit démontrer sa maturité pour rassurer ses investisseurs, ses fournisseurs, ses clients et ses partenaires.

Pour surmonter ces étapes, de nombreux jeunes se dirigent vers la franchise pour créer leur entreprise. Celle-ci va leur apporter la maturité, le sérieux et l’image auprès des clients et fournisseurs mais surtout auprès des établissements financiers. Ces derniers, souvent réticents à accorder des prêts à des jeunes sans expérience, seront plus disposés à prêter à des établissements franchisés.

Pourquoi devenir franchisé ? Les franchisés ne partent pas de rien. Ils bénéficient d’une assistance de la part du franchiseur. Ils bénéficient notamment d’une formation initiale et d’une formation continue. Ils exploitent une marque connue et reconnue et suivent un process déjà exploité par l’unité pilote du franchiseur et par tous les autres franchisés. Dans ces conditions, il est normal qu’un établissement bancaire accorde plus facilement un prêt qu’à un entrepreneur indépendant.

Naturellement, un jeune qui va créer son entreprise en franchise ne va pas le faire uniquement pour obtenir les faveurs d’un établissement bancaire. L’intérêt de la franchise est réel. La franchise permet d’accélérer le développement d’une entreprise, de gagner plus rapidement des parts de marché et d’atteindre un chiffre d’affaires supérieur à celui d’un indépendant. Généralement, un franchisé parvient à atteindre dès la première année d’exploitation, un chiffre d’affaire identique à celui qu’un indépendant aurait réalisé en 3 ans. En contrepartie de la franchise, l’entrepreneur doit verser un droit d’entrée pour exploiter la marque de son franchiseur, et s’acquitter durant toute la période du contrat des redevances de fonctionnement, de publicité et de royalties.

Les jeunes apprécient particulièrement la création d’entreprise et la franchise les séduit de plus en plus. Ce sont parmi les jeunes que l’on retrouve le plus de multi-franchisés. Puisque la franchise permet aux jeunes de se développer plus rapidement, ces derniers n’hésitent pas ouvrir un deuxième voire un troisième et parfois même un quatrième point de vente. Plus entreprenants et moins frileux, les jeunes sont de véritables « serial-entrepreneurs ». Le ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion l’a également bien compris et y trouve son compte. Un jeune qui créé son entreprise créé finalement son propre emploi, et va même créer des emplois pour d’autres jeunes ! C’est un cercle vertueux gagnant-gagnant que l’état souhaite encourager. Pour aller dans ce sens, de nombreuses aides à la création d’entreprises dont certaines spécialement dédiées aux jeunes ont vu le jour.

La création d’entreprise est bonne une solution qu’il convient toutefois d’aborder avec prudence. A l’inverse d’un emploi salarié, la création d’entreprise implique une prise de risque non négligeable. Une entreprise peut faire faillite avec des conséquences directes sur l’entrepreneur. La prise de risque doit toujours être modérée et il est nécessaire d’anticiper des périodes compliquées notamment celle du lancement de l’activité. Il est fréquent de rencontrer des entrepreneurs qui ne peuvent se rémunérer qu’après une, deux, voire trois années d’activité.